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Le Pape à Chypre et en Grèce : les grandes étapes du voyage

Publié le 06/12/2021

Du 2 au 6 décembre 2021, le pape François était en voyage apostolique à Chypre et en Grèce, deux pays méditerranéens, sous pression migratoire et à minorité catholique. Retrouvez les retransmissions, les discours du pape François et les flashs de nos envoyés spéciaux.

La conférence de presse du Pape de retour de Chypre et de la Grèce

La démission de Mgr Aupetit, une rencontre à Moscou avec le patriarche orthodoxe Kirill, le rapport de la CIASE, l’anachronisme du retrait du mot « Noël » suggéré par l’Union européenne... Le pape François a tenu la traditionnelle conférence de presse devant les journalistes.

00:00:00 Vous avez demandé pardon à Athènes. Quels projets a le Vatican pour rapprocher les chrétiens catholiques et orthodoxes ? Constandinos TSINDAS, CYBC

00:03:59 Comment avance le processus synodal et notamment le rapport entre clergé et laïcs ?

00:05:07 Dans l'Union européenne, on a remplacé la salutation "Joyeux Noël" par "Bonnes fêtes". Quelle est votre réaction ?

00:07:22 Pendant votre discours au palais présidentiel à Athènes, à quel pays pensiez-vous en parlant du retrait de la démocratie autour du monde ? Que diriez-vous aux leaders et aux électeurs d'extrême-droite dans toute l'Europe qui se disent chrétiens en faisant la promotion de valeurs et de politiques non démocratiques ? Iliana MAGRA, Kathimerini

00:12:16 La migration est un thème central, pas seulement en Méditerranée, mais aussi dans toute l'Europe et en particulier en Europe de l'Est. Qu'attendez-vous des pays de cette zone et notamment du nouveau gouvernement allemand ? Manuel SCHWWARZ, DPA

00:18:52 Pourquoi avez-vous accepté la démission de l'archevêque de Paris, Mgr Aupetit ? Et pourquoi si vite ? Et quelles sont vos réactions à la reconnaissance par les évêques français d'une responsabilité systémique de l'Église, à la suite du rapport de la CIASE ? Quelle signification peuvent-elles avoir pour l'Église universelle ? Cécile CHAMBRAUD, Le Monde

00:25:35 Vous avez eu de très belles paroles sur la communion et la réunification avec les Églises orthodoxes. Rencontrerez-vous le patriarche Kirill ? Quels sont les projets communs avec l'Église russe, et quelles difficultés sur ce chemin de rapprochement? Vera SHCHERBAKOVA, Itar-Tass

À Chypre, une visite dans un pays divisé

Le pape François s'est rendu du 2 au 4 décembre à Chypre, à l'invitation des autorités civiles et religieuses. C'est la seconde fois qu'un Pape est en visite sur l'île méditerranéenne : Benoît XVI y avait passé trois jours en 2010. Il avait alors lancé un appel au dialogue interreligieux, dans un pays divisé entre orthodoxes et musulmans. Une déchirure symbolisée par la frontière qui sépare le pays depuis près de 50 ans, séparant la République turque de Chypre, au nord, de la République de Chypre, au sud.

« Consolons-nous dans la foi » est la devise de ce voyage, qui souligne l'importance des « dimensions essentielles » que sont le dialogue, la rencontre et l'accueil. Cette devise entre en écho avec la figure de saint Barnabé, patron de l'île, dont les Apôtres ont traduit son nom par « fils de consolation » (Ac 4,36).

Le pape François a également souhaité porter consolation aux migrants, lors d'une prière œcuménique. En fin de discours, le pape François a improvisé un message musclé contre l’indifférence du monde face au sort des migrants et à ce nouvel esclavage : « C’est l’histoire d’un nouvel esclavage, un esclavage universel. Nous regardons ce qui arrive et le pire c’est que nous sommes habitués à cela. Ah, nous voyons une information, que beaucoup se sont perdus ici et là. Mais le fait de s’habituer c’est une maladie très grave ! C’est une maladie très grave, il n’y a pas d’antibiotique contre cette maladie. Nous devons aller à contrecourant de ce vice de l’indifférence ! » Avant de souligner que « c’est mon devoir d’ouvrir les yeux ».

Les flashs de nos envoyés spéciaux :

Le discours fort et improvisé du pape sur la réalité des migrations

À Chypre, le Pape a exhorté à regarder la réalité des migrations, ce vendredi après-midi, lors d’un moment de prière oecuménique avec des migrants. "C’est l’histoire d’un nouvel esclavage, un esclavage universel. Nous regardons ce qui arrive et le pire c’est que nous sommes habitués à cela. Ah, nous voyons une information, que beaucoup se sont perdus ici et là. Mais le fait de s’habituer c’est une maladie très grave ! C’est une maladie très grave, il n’y a pas d’antibiotique contre cette maladie. Nous devons aller à contrecourant de ce vice de l’indifférence !"

03/12/2021

Logo voyage du pape à Chypre

Jeudi 2 décembre, première journée à Chypre

Vendredi 3, messe et plusieurs rencontres à Chypre


En Grèce, François auprès d'une minorité catholique et des migrants

Après deux jours très denses sur l'île de Chypre, porte entre l'Orient et l'Occident, le pape François a atterri samedi 4 décembre à Athènes. En Grèce, il a continué à déployer ses messages sur l'unité des chrétiens et les relations avec l'Église orthodoxe, la fraternité entre catholiques d'origines différentes, ainsi que l'accueil digne et humain des migrants.

Après son discours improvisé et fort lors de la prière œcuménique à Chypre, le pape François s'est rendu pour la deuxième fois de son pontificat sur l'île méditerranéenne de Lesbos - fait assez rare, à l'exception de Cuba, le pape argentin n'était jamais revenu sur un même lieu. Cette fois-ci, après avoir longuement salué la foule de demandeurs d'asile du camp de Mavrovouni à Lesbos, le Saint-Père a prononcé un vigoureux message à l'intention de toute l'Europe. Il a voulu « réveiller les cœurs sourds » aux souffrances des réfugiés.

Lors de son séjour en Grèce, François a également béni la « petitesse » auprès de la petite communauté catholique. En Grèce, les catholiques représentent une infime minorité de la population : 0,5% des Grecs. La religion orthodoxe est elle reconnue dans la constitution : « La religion dominante en Grèce est celle de l'Église orthodoxe orientale du Christ ». À cet égard, le pape François a rencontré les responsables du Saint-Synode orthodoxe, dont l'archevêque orthodoxe d'Athènes Hyeronimos II.

Si l'évêque de Rome a demandé pardon pour les fautes commises par des catholiques envers les grecs orthodoxes dans l’histoire, avec Hyeronimos II, ils ont affiché leur concorde.

En 2001, le pape Jean-Paul II avait rencontré en Grèce son prédécesseur, Christodoulos Ier. Lors de cette visite historique, le Pape polonais avait déclaré : « Nous portons le fardeau de controverses passées et présentes, et d’incompréhensions persistantes. Mais dans un esprit de charité mutuelle, celles-ci peuvent et doivent être dépassées, parce que tel est ce que le Seigneur nous demande. » Avec sa béatitude Christodoulos, ils avaient signé une déclaration commune dans laquelle ils rappelaient les paroles de l’Apôtre des Nations : « Je vous exhorte, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ: soyez tous d’accord, et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous; soyez bien unis dans un même esprit et dans une même pensée » (1 Co 1,10). Depuis cette déclaration, les relations entre la hiérarchie catholique et grecque orthodoxe se sont réchauffées.

Ce voyage du pape François est lui placé sous la devise : « Ouvrons-nous aux surprises de Dieu, qui veut faire briller sa lumière sur notre chemin », phrase tirée du message de la 36e Journée mondiale de la jeunesse. Le logo est constitué d'un navire dont le mât est une croix du Christ. Il symbolise une Église comme un navire en « eaux troubles », dont les voiles sont gonflées par le vent Saint-Esprit. Les couleurs jaune et blanc sont celles du Saint-Siège, le bleu celui de la République hellénique.

Logo voyage en Grèce

Samedi 4, rencontre avec le primat orthodoxe et la communauté catholique

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