31/12/2021
« Objets inanimés avez-vous donc une âme ? » Quelle est la valeur d’un objet lié au culte, tel un ciboire, une croix, un calice, lorsqu’au lieu d’être sur l’autel, ils se trouvent dans le présentoir d’une salle de vente à Drouot ? Est-ce que leur appréciation, la fixation du prix, son enchérissement par les acquéreurs potentiels ne représentent pas, à chaque fois, une forme de profanation ? Le succès croissant de ces objets ne tient-il pas aussi à leur valeur « spirituelle » ? Il est un fait que le marché de l’art religieux, aujourd’hui, est florissant : livre d’heure richement enluminé, bénitier sculpté, s’arrachent à prix d’or. La circulation de ces objets qu’on devrait trouver plus souvent dans les trésors scellés des cathédrales, participe de leur valorisation attirant aussi bien les amateurs honnêtes que les trafiquants. Victime de son succès, exposé au grand jour, le patrimoine religieux risque aussi la dispersion. Face à cela, des acteurs agissent discrètement pour que, sans rendre sa valeur sacrée à un objet désacralisé, ni prêter une âme à ce qui n’est qu’une chose, ce patrimoine particulier ne se perde pas complètement. UNE COPRODUCTION KTO/CRESCENDO MEDIA FILMS 2021 - Écrit par Jean-Pier Delaume-Myard, Sophie Sesmat et Alexandre Largeron et réalisée par Alexandre Large