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Le chemin synodal allemand, sans langue de buis

Publié le 23/03/2023

Le chemin synodal allemand s’est achevé le 11 mars après une ultime session. Certaines décisions votées ne correspondent pas à la doctrine de l’Eglise catholique, a averti le Saint-Siège. KTO vous invite à en débattre sans langue de buis ce vendredi 24 mars à 20h35.

Pourquoi le chemin synodal allemand a-t-il pris ces orientations ? Ce chemin synodal s’est-il conformé à « l’esprit du temps » comme le craignait le pape François ? Y a-t-il un risque de schisme ? Quel est l’impact et les questionnements que soulèvent ces choix pour l’Église universelle et la démarche sur la synodalité en cours ?

En plateau, les invités répondent à vos questions : 

  • Stefan Vesper, secrétaire général du Comité central des catholiques allemands (1999-2019)
  • Frère Jean-Thomas de Beauregard, o.p., dominicain et professeur de philosophie médiévale
  • Thomas Remy, professeur de religion catholique en Belgique

avec la participation de :

  • Anne Ferrand, laïque consacrée, représentante française à l’Assemblée continentale du Synode
  • Katharina Westerhorstmann, théologienne, ancienne participante du chemin synodal allemand
  • Jérôme Vignon, observateur français au chemin synodal allemand
  • Isabelle Morel, théologienne et directrice de l'Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique (ISPC)

Les mesures du chemin synodal

Le 11 mars dernier, après trois ans et demi de réflexion, les représentants, clercs et laïcs, du chemin synodal allemand votaient. Parmi les textes acceptés à plus de deux tiers des évêques, et une large majorité des votants, l’assemblée synodale demande notamment le réexamen de la question du célibat sacerdotal, l’autorisation de prêches par les laïcs, femmes ou hommes, la possibilité de la bénédiction des couples homosexuels ou divorcés remariés, des mesures de prévention des violences sexuelles, d'améliorer la reconnaissance des abus spirituels et sexuels commis sur des adultes, et en particulier sur les femmes, et enfin une « gestion de la diversité sexuelle », en permettant le changement de genre dans les registres de baptême.

La réponse de Rome

Le Saint-Siège a exprimé à plusieurs reprises son opposition à certaines orientations soutenues par la majorité des participants. Dès juin 2019, dans une « Lettre au Peuple de Dieu en marche en Allemagne », le pape François a manifesté son inquiétude face à la tentation d’un simple « changement structurel, organisationnel ou fonctionnel » ou de se « conformer à l’esprit du temps ».

« Il ne serait pas licite d'initier dans les diocèses, avant un accord convenu au niveau de l'Église universelle, de nouvelles structures officielles ou doctrines, qui représenteraient une blessure portée à la communion ecclésiale et une menace pour l'unité de l'Église », écrit-il dans un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, en juillet 2022. Le Saint-Siège incitait alors à ce que les réflexions du chemin synodal allemand rejoignent celles portées par le parcours synodal de l’Église universelle « Pour une Église synodale » qui se tient jusqu’en octobre 2024.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a déclaré lors d’une conférence de presse que les conclusions « ne correspondent pas exactement à ce qu’est actuellement la doctrine de l’Église ».

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