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Conférence de presse du Pape et tout le voyage en Irak

Publié le 08/03/2021

Du 5 au 8 mars, le pape François s'est rendu en Irak. Cette visite historique, la première d'un pape sur la terre d'Abraham, est un message d’Espérance pour les chrétiens d'Irak, et de fraternité dans un pays marqué par des décennies de conflits.

François est le premier pape à pouvoir effectuer le voyage. C'est aussi le premier déplacement du pape à l'étranger, après l'annulation des voyages du fait de la pandémie de Covid-19. Le pape François, déterminé, a souhaité faire résonner un message de paix et de fraternité dans le pays et toute la région. Pour retrouver les grandes étapes de ce voyage du Pape, nous vous proposons de revoir les flashs quotidiens avec nos envoyés spéciaux sur le vol papal et sur le terrain, les émissions, ainsi que des films documentaires pour mieux comprendre la réalité des chrétiens de la région.

Dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape François a répondu aux questions des journalistes. KTO vous propose de retrouver cette conférence de presse en intégralité et sous-titrée en français.

Les questions posées au pape François :

00:00:00 Début de la conférence de presse, le pape évoque la Journée des droits des femmes
00:01:43 Peut-on penser à un document sur la fraternité humaine, comme celui signé avec le grand imam Al Tayeb, avec le versant chiite de l’islam ? Vous rendrez-vous au Liban ? (Imad ABDUL KARIM ATRACH - Sky News Arabia)
00:08:07 Dans quelle mesure la rencontre avec le grand ayatollah Al Sistani était un message envers les chefs religieux iraniens ? (Johannes NEUDECKER – DPA)
00:11:21 Est-ce « le voyage du pontificat » ? Allez-vous continuer à voyager ? À quand l’Argentine et l’Espagne ? (Eva FERNANDEZ - COPE)
00:20:00 D’un point de vue sanitaire, êtes-vous inquiet pour les gens qui sont venus vous voir ? (Aaron Patrick HARLAN – Washington Post)
00:21:00 Les défis de l’Eglise en Irak sont ceux de toutes les Eglises du Moyen-Orient. Envisagez-vous un nouveau synode régional ou une autre initiative ? (Philippine de SAINT PIERRE – KTO)
00:27:54 Vous avez fait en trois jours ce dont les puissants de la terre parleront encore dans 30 ans. Peut-on envisager un voyage en Syrie ? Quelles sont vos futures destinations ? (Stefania FALASCA – Avvenire)
00:29:16 Ces douze derniers mois votre activité a été limitée. Qu’avez-vous éprouvé au contact de la foule hier à Qaraqosh ? Les audiences générales recommenceront-elles comme avant ? (Sylvia WYSOCKA – Polska Agencia Prasowa)
00:36:12 Qu’avez-vous ressenti dans les ruines de Mossoul ? Et en cette journée de la femme, que dites-vous à une jeune musulmane qui ne peut pas épouser son amoureux chrétien sans être reniée par sa famille ? (Catherine MARCIANO – AFP) 

Vendredi 5 mars

Premier jour de la visite officielle du pape François en Irak. Après un départ de Rome en début de matinée, il a été accueilli par les autorités civiles et ecclésiales à l'aéroport de Bagdad et a rencontré le Premier ministre. Au Palais présidentiel s'est déroulée la Cérémonie de Bienvenue, le Saint-Père a été reçu par le président de la République d'Irak Barham Salih à huis clos. Son premier discours public s'est adressé aux responsables politiques irakiens, à la société civile et au corps diplomatique depuis le Palais présidentiel. Il a alors déclaré : « Que se taisent les armes ! Assez de violences, d’extrémismes, de factions, d’intolérances ! » 

Lors de ce premier jour sur la terre d'Abraham, le successeur de Pierre a également rencontré les évêques, les prêtres, les religieux et les catéchistes. Il les a retrouvés à la cathédrale syriaque catholique Sayedat al Najat de Bagdad où 48 martyrs ont été tués lors d'un attentat en 2010. Le pape a manifesté sa proximité avec les chrétiens, marqués par des années de guerre et de persécutions.

Directs du jour à revoir :
Les reportages de nos envoyés spéciaux :

Premier jour d’une visite historique

Premier jour de la visite historique du pape François en Irak : un appel à la citoyenneté pour tous dans cette Mésopotamie berceau de la civilisation, le rappel que jamais la religion ne peut être instrumentalisé pour justifier la violence, et une rencontre émouvante avec le clergé et les religieux catholiques, qu’il appelle aussi à l’unité entre eux. Récit de nos envoyés spéciaux.

 

À savoir :

Les Eglises en Irak

L’Irak est l’un des premiers pays à avoir été christianisé comme en témoigne le passage des apôtres Thomas et Matthieu. Une diversité d’Églises se sont implantées sur le territoire :
- assyrienne
- chaldéenne
- syriaque catholique
- syriaque orthodoxe

Géographiquement, les Églises se répartissent dans trois grandes zones d’Irak : la vallée chaldéenne avec les villages allant du nord de Mossoul à Al Qosh, la plaine syriaque incluant la ville de Qaraqosh et enfin les montagnes assyriennes avec les villages proches de la frontière turque.

Depuis le début des années 2000, les chrétiens sont passés d’une forte minorité d’environ 1,5 millions d’âmes, toutes confessions confondues, à une population estimée entre 300 000 et 500 000 personnes en 2020.

(Source : Œuvre d'Orient)

 

Pour aller plus loin :

Samedi 6 mars

Le pape François a rencontré à Nadjaf le grand ayatollah Ali Al Sistani, figure spirituelle importante du chiisme irakien : un moment important dans ce voyage en Irak. Elle s'est tenue à l'abri des caméras. Après avoir rencontré à plusieurs reprises le grand imam d'Al Azhar, figure de l'islam sunnite, et signé une déclaration sur la fraternité humaine, François rencontre pour la première fois un haut dignitaire du chiisme, personnalité religieuse incontournable en Irak. « Le Saint-Père a souligné l’importance de la collaboration et de l’amitié entre les communautés religieuses afin qu’en cultivant le respect réciproque et le dialogue », a informé le directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Cette rencontre a eu lieu à Nadjaf, la ville sainte où est enterré Ali, le premier imam des chiites.

Le pape s'est ensuite rendu à Nassiriya, où il a retrouvé des représentants des différentes communautés religieuses, chrétiens, musulmans, mandéens et yézidis. Lors de cette rencontre interreligieuse depuis la plaine d’Ur, sur les pas d’Abraham, les responsables religieux ont récité ensemble une prière des enfants d'Abraham. Cette prière rappelle l'invitation du pape dans le dernier chapitre de son encyclique Fratelli Tutti intitulé « Les religions au service de la fraternité dans le monde ».

En fin de journée, le pape François a célébré la messe à la cathédrale chaldéenne Saint-Joseph. C’est la première fois qu’un pape célèbre la messe en rite chaldéen. Les chants étaient en arabe et en araméen. En raison des restrictions sanitaires, seules 400 personnes étaient présentes.

Directs du jour à revoir :

Le discours du pape François lors de la la rencontre interreligieuse dans la plaine d'Ur est disponible ici.

Les enfants d’Abraham sont frères

Deuxième journée très spirituelle pour le Pelerin de la paix en Irak. D’abord à Nadjaf, centre du Chiisme irakien, puis à Ur sur les pas d’Abraham, et enfin à Mar Youssef à Bagdad pour une première messe en rite chaldéen. Un appel à la fraternité. Et des catholiques irakiens qui n’en reviennent pas de sa présence. Récit et témoignages avec nos envoyés spéciaux.

 

La prière des enfants d'Abraham

La version écrite est à retrouver ici 

Les reportages de nos envoyés spéciaux :

Pour aller plus loin :

Dimanche 7 mars

La troisième et dernière journée du voyage du pape est placée sous le signe de soutien et de proximité avec les chrétiens, fortement présents dans le nord du pays et au Kurdistan irakien.

Après avoir rencontré les autorités politiques, civiles et religieuses du Kurdistan irakien, à Erbil, le Saint-Père est parti pour Mossoul. Devant les ruines de la cathédrale syriaque catholique d'Al-Tahira, détruite par Daesh, il a prié pour les victimes de la guerre.

Autre grande étape de la journée : le Pape s'est arrêté à Qaraqosh. Avant l'invasion de Daesh en 2014, c'était la plus importante ville chrétienne dans la plaine de Ninive, au nord de l'Irak. Sur son passage, la communauté chrétienne de Qaraqosh a exprimé leur grande joie de pouvoir rencontrer le Saint-Père, après des années d'épreuves. Depuis l'église de l'Immaculée Conception, brûlée par l'Etat islamique et désormais restaurée, il a récité la prière de l'Angélus. Il a également déclaré : « Vous n’êtes pas seuls ! L’Église toute entière vous est proche, par la prière et la charité concrète. »

En fin de journée, le pape a présidé la messe au stade Franso Hariri d'Erbil. Dans ce dernier - et unique - grand rassemblement, où 8 000 personnes ont pu assister, le pape François a fait part de son affection envers l'Église en Irak : « Aujourd'hui, je peux voir et toucher du doigt le fait que l'Église en Irak est vivante, que le Christ vit et œuvre dans ce peuple saint et fidèle ».

Directs du jour à revoir :

Le pardon plus fort que le terrorisme

Pour son dernier jour en Irak le Pape s’est rendu dans le nord du pays. On se souvient du 6 août 2014, lorsque Daech avait envahit la plaine de Ninive. A Mossoul, le pape François est allé prier avant de gagner Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne, où près de la moitié des habitants est aujourd’hui revenue, et leur victoire sur Daech ce n’est pas la vengeance mais le pardon. Récit et témoignage avec nos envoyés spéciaux.

 

À savoir :

Les chrétiens sont présents dans la plaine de Ninive depuis la fin du IVè siècle.

Nombreux ont été contraints de fuir vers Erbil, capitale du Kurdistan irakien, lors de l'invasion de Daesh à partir de 2014. Les islamistes ont laissé derrière eux des lieux de culte chrétiens brûlés et profanés et des populations martyrisées.

L'Œuvre d'Orient estime que 40% des habitants ont pu retourner vivre chez eux, depuis 2017.

Les reportages de nos envoyés spéciaux :

Pour aller plus loin :