Il vendait son premier journal satirique, « Le Julien Déchaîné », à la sortie de l’école primaire pour 1 franc la copie. Quelques décennies plus tard, Jul est l’un des auteurs de bande dessinée les plus inventifs du paysage francophone : dessinateur, scénariste, agrégé d’histoire, polyglotte, il a collaboré avec une trentaine de titres de presse, de Charlie Hebdo au Figaro, avant de se consacrer à la bande dessinée. Formé dans une école à pédagogie alternative en banlieue parisienne, à Saint-Mandé, où le dessin valait autant que les mathématiques, Jul a construit une oeuvre au carrefour des sciences humaines et de l’humour. « Silex and the City », qui a donné lieu à 180 épisodes sur Arte et à un long métrage, utilisait 40 000 ans de recul préhistorique pour parler des travers contemporains. « 50 nuances de grec » revisitait la mythologie gréco-latine pour en tirer les grands thèmes qui traversent encore nos sociétés. Lorsqu’il a repris le scénario de Lucky Luke, dans les traces de Goscinny, Jul a choisi d’ancrer chaque album dans une réalité historique oubliée ou négligée : l’esclavage, l’immigration juive, le mouvement ouvrier, et désormais la religion. « La seule question que je me posais, c’est : est-ce qu’il se serait marré ? », confie-t-il à propos de Goscinny. Son dernier album met en scène la soif de foi et ses dérives dans le Far West, un territoire qu’il décrit comme profondément biblique, entre Ancien et Nouveau Testament. À l’occasion du voyage apostolique du pape Léon XIV à Paris, Jul a réussi, après bien des péripéties, à lui remettre en mains propres un exemplaire de l’album. Une minute d’échange, quelques éclats de rire, et la confirmation que la culture populaire reste un levier puissant pour faire passer des idées.
Bénédicte Delelis reçoit en plateau une personnalité et nous donne à voir sa lumière intérieure. Journalistes, chroniqueurs, auteurs, artistes, sportifs livrent leur regard sur le monde, sur la vie, leur ressort intérieur, leur raison de se lever le matin.
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