Face aux Chrétiens

Jeudi à 20h40

Présenté par Frédéric Mounier ou Dominique Gerbaud.

Émission créée en 1997 par le quotidien La Croix en partenariat avec le réseau des Radios chrétiennes francophones (RCF) et Radio Notre-Dame, Face aux chrétiens est le forum politique des médias chrétiens. Chaque semaine une personnalité de la vie politique, économique, sociale, intellectuelle ou religieuse est interrogée pendant une heure par les journalistes représentants les rédactions partenaires, offrant une véritable mise en perspective de l'actualité.

Face aux Chrétiens
Les vidéos de l'émission
  • Jeudi 11 mai 2017

    Jérôme Fourquet

    Jérôme Fourquet
    Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique de l'IFOP, est l'invité de "Face aux chrétiens" le jeudi 11 mai 2017. Depuis 20 ans, l'Ifop analyse l'évolution du vote catholique. Jerôme Fourquet constate un "réveil identitaire", notamment sur les questions de société (éthique, migrants). Déjà, aux Régionales 2015, 25% des pratiquants avaient voté FN. A la présidentielle, un quart des électeurs de François Fillon, dont de nombreux catholiques, ont voté en faveur de Marine Le Pen, manifestant ainsi une "radicalisation du monde catholique". Au-delà de la grande fracture qui divise le pays entre " les gagnants et les perdants de la mondialisation", Jérôme Fourquet insiste sur "l'insécurité culturelle" qui touche de nombreux Français, notamment certains catholiques. L'inquiétude porte sur les flux migratoires, le contrôle des frontières, les incertitudes sur l'identité. Attentif aux " manifestations préventives" qui ont suivi l'élection, Jérôme Fourquet n'exclut pas un "été chaud", mais constate, depuis longtemps, que "65 à 70 % des Français souhaitent que tout le monde se mette autour de la table", selon une formule politique "à l'allemande". Cette hypothèse pourrait favoriser l'émergence d'une majorité présidentielle à l'issue des législatives.
  • Jeudi 4 mai 2017

    Nicolas Bay

    Nicolas Bay
    Nicolas Bay, secrétaire général du Front national, est l'invité de "Face aux chrétiens", jeudi 4 mai 2017. Confirmant sa volonté d'interdire les signes religieux dans tout l'espace public, Nicolas Bay envisage de définir par décret d'application une liste des signes religieux ostentatoires. Puis de faire verbaliser tous ceux qui ne respecteront pas cette règle. Reportant l'application de sa réforme des retraites " à quelques mois, voire un ou deux ans après l'élection", le secrétaire général du FN estime qu'elle devra être conditionnée au retour à l'emploi et à la reprise de la natalité. Voulant "utiliser à plein les mesures rendues possibles par l'état d'urgence", Nicolas Bay souhaite expulser l'ensemble des fichés S étrangers vers leurs pays d'origine : "Nous obtiendrons l'accord de ces derniers par des accords bilatéraux. Nous disposons à leur égard de moyens de pression."
  • Vendredi 28 avril 2017

    Sylvie Goulard

    Sylvie Goulard
    Sylvie Goulard, députée européenne et soutien d'Emmanuel Macron, est l'invitée de "Face aux chrétiens", jeudi 27 avril 2017. Interrogée sur le "Tous sauf Macron" lancé par la " Manif pour tous", Sylvie Goulard s'est inquiétée du niveau du débat politique : "Personne ne peut choisir un président de la République sur un seul point de son programme." A ses yeux, les réseaux sociaux sont l'objet d'attaques propageant de fausses nouvelles : "Emmanuel Macron n'est en aucun cas favorable à l'autorisation de la GPA". Se déclarant disposée à travailler avec une majorité présidentielle élargie "jusqu'à, par exemple, Alain Juppé", Sylvie Goulard estime indispensable de "sortir des oppositions tranchées, des postures" pour construire un "contrat avec la nation" sur, notamment, l'éducation, la transition énergétique, la lutte contre le terrorisme, et la lutte contre les inégalités. Interrogée sur le message de l'épiscopat français en vue de l'élection présidentielle, Sylvie Goulard y voit deux points essentiels. Tout d'abord l'accent mis sur l'accueil des réfugiés et l'ouverture au monde, "qui sont des exigences de l'Evangile". Et d'autre part, la priorité donnée à l'Europe, "qui est un héritage chrétien". Sur ces deux points, Sylvie Goulard estime que " "Le programme de Marine Le Pen ne va pas dans le sens de l'Evangile". En ce sens, Sylvie Goulard apprécie que les évêques s'adressent aux fidèles en "catholiques adultes".
  • Vendredi 21 avril 2017

    Laurent Bigorgne

    Laurent Bigorgne
    Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne, est l'invité de "Face aux chrétiens" jeudi 20 avril 2017. A la veille du premier tour, le directeur de l'Institut Montaigne voit le corps électoral comme un "kaléidoscope cassé en quatre blocs" : une France des villes, peuplée de jeunes actifs, plutôt favorables à Emmanuel Macron ; une France rurale et notable plutôt acquise à François Fillon ; une France périurbaine délaissée qui se tourne vers Marine Le Pen, et une France des exclus qui votera pour Jean-Luc Mélenchon. "L'enjeu du futur président sera d'être capable de rassembler et de dépasser ces clivages". Convaincu que "la liberté de commercer assure la paix entre les nations", Laurent Bigorgne estime que "les populistes affaiblissent économiquement les populations qu'ils vont flatter". Laurent Bigorgne estime que, "face aux trois candidats de la dépense qui nous emmènent en terre inconnue", Emmanuel Macron et François Fillon incarnent, chacun à leur manière, une réorientation de la fiscalité vers une nouvelle compétitivité, au prix d'une réduction du train de vie de l'Etat.
  • Vendredi 7 avril 2017

    Richard Ferrand

    Richard Ferrand
    Proche d´Emmanuel Macron, le député du Finistère Richard Ferrand, Secrétaire général du mouvement En Marche !, est l´invité de « Face aux chrétiens » émission organisée par La Croix, KTO, RCF et Radio Notre Dame. Interrogé sur la baisse de Macron dans les sondages, il dit ne percevoir « ni d´euphorie, ni de coup de mou dans la campagne d´Emmanuel Macron. Nous avons quatre mille initiatives en France chaque semaine, un programme suffisamment riche et il n´est pas nécessaire d´avoir des initiatives intempestives. Nous devons rester conquérants, convaincants et pédagogues pour convaincre les Français qu´Emmanuel Macron est le prochain président de la République dont nous avons besoin ». Richard Ferrand assure que la présidence Macron sera très différente de la présidence Hollande. « Emmanuel Macron a démissionné parce qu´il avait des divergences de fond avec la politique menée par le président Hollande. Il a pris l´initiative de créer un mouvement, il a proposé un rassemblement de personnes d´origines différentes et veut porter un profond renouvellement des pratiques et des usages. Tout cela est radicalement différent de ce que nous venons de vivre. » Le Secrétaire général de En Marche ! veut, avec Emmanuel Macron, promouvoir ce qu´il appelle « un pragmatisme radical où il faudra libérer plus, pour protéger mieux. Le travail doit rapporter plus. Il faut aussi reconnaître un droit à l´erreur. A partir du moment où l´on n´est pas de mauvaise foi, il faut passer d´une administration de sanctions à une administration de conseils. » Sur les questions de société Emmanuel Macron ne reviendra pas sur la loi concernant la fin de vie et sur la laïcité il veut « rester dans la cadre apaisée de la loi de 1905, ne pas faire une loi sur le voile ou sur le burkini qui est avant tout une affaire d´ordre public et qui relève des municipalités. »
  • Vendredi 31 mars 2017

    Florian Philippot

    Florian Philippot
    Florian Philippot, vice-président du Front National, est l'invité de "Face aux chrétiens" le jeudi 30 avril 2017. Avec quelle majorité gouverner ? "Les Français donneront une majorité à la présidente" Florian Philippot constate un frémissement dans les ralliements d'élus locaux vers le FN, en provenance de LR, mais aussi du PCF et du PS : "Marine Le Pen ouvre les bras à tous les patriotes, d'où qu'ils viennent, de droite comme de gauche." Quel risque de troubles en cas d'élection de Marine Le Pen ? "S'ils ne sont pas contents, ils ne sont pas contents. La somme des contentements sera supérieure à celle des mécontentements." Très confiant dans les choix populaires, Florian Philippot estime que " l'establishment, les grands partis, les grands patrons, les banques et les starlettes, devront se soumettre ou se démettre. Les honnêtes gens seront soulagés." Florian Philippot appelle les évêques au pragmatisme."Il faut aider les populations à vivre là-bas". Appelant à une position " humaniste face à l'immigration de masse, activée par des filières mafieuses", Florian Philippot, comprenant les motivations des migrants, estime qu'il faut envisager avec les gouvernements d'origine les conditions d'un véritable développement local. "Je comprends la position des évêques, mais l'accueil de l'autre, avec ce projet d'immigration massive, ne peut être équivalent à engraisser les mafias de passeurs."
  • Jeudi 23 mars 2017

    Jean Lassalle

    Jean Lassalle
    Jean Lassalle, ancien vice-président du Modem, député des Pyrénées-Atlantiques se présente à l´élection présidentielle et se trouve être l´invité de « Face aux chrétiens », émission organisée par La Croix, KTO, RCF et Radio Notre Dame. Interrogé sur le sens de sa candidature, Jean Lassalle se présente comme « le candidat de la ruralité, celui des campagnes totalement délaissées depuis un demi-siècle, abandonnées depuis vingt cinq ans et aucun candidat n´en dit un seul mot. » Il veut s´opposer à ce qu´il appelle « la finance spéculative, une nouvelle dictature qui a imposé en France un régime vichyste, terrifiant pour le pays des droits de l´homme. Aujourd´hui, tout le monde a peur de tout le monde, chacun se méfie de l´autre, c´est le régime vichyste par excellence, on n´entreprend rien. On a laissé partir le système entre les mains de ceux qui jouent avec l´argent uniquement pour leurs profits qui vont je ne sais où. La France a besoin d´un chef, elle a besoin de revivre, de renaître de ses cendres car la PAC a fait mourir trois millions de paysans. » S´il est élu il ne sortira pas la France de l´Union européenne car « elle est suffisamment divisée et je veux rester dans l´Europe des nations. » Il veut en revanche revoir le fonctionnement et le découpage des régions qu´il remplacera par des provinces. « Les régions ne peuvent pas marcher parce qu´elle n´ont aucune histoire. » Il reconnaît que la loi sur le mariage pour tous est « le texte qui m´a fait le plus souffrir » mais il ne le changera pas car « il y a d´autres priorités ». Il veut « relancer l´artisanat car c´est là que nous avons perdu une partie de notre âme car on a perdu de la convivialité ». Il veut aussi créer un quatrième corps au sein de la défense nationale « une armée contre la cybercriminalité avec à sa tête un général dépendant directement du président de la République ».
  • Jeudi 16 mars 2017

    Gérard Longuet

    Gérard Longuet
    Gérard Longuet, proche de François Fillon, ancien ministre de la Défense et sénateur de la Meuse, est l´invité de « Face aux chrétiens », émission organisée par La Croix, KTO, RCF et Radio Notre Dame. Interrogé sur les démêlés de François Fillon avec la justice, Gérard Longuet regrette que le juge n´ait pas pris le temps nécessaire à l´examen du dossier et défend bec et ongles François Fillon. « Je ne l´ai jamais vu associé à un seul scandale de la Vè République. La seule faiblesse de François Fillon c´est sans doute d´avoir considéré qu´un homme politique pouvait vivre comme un cadre supérieur en utilisant les moyens du Parlement au service de sa vie personnelle et professionnelle qui ne font qu´un tout. La difficulté, c´est où mettre la frontière quand vous êtes un homme politique et qu´on vous demande d´être disponible à tout moment. » Evoquant le programme du candidat de la droite et du centre, l´ancien ministre de la Défense souligne le courage de François Fillon lorsqu´il avait dit qu´il était à la tête d´un Etat en faillite car « il n´est plus possible d´envoyer la facture à l´Etat, aux collectivités locales, à la Sécurité sociale, parce que cette facture tue le seul facteur d´espérance qu´est l´investissement. » Gérard Longuet estime que le choix n´est plus entre le libéralisme et le colbertisme. « Nous sommes la génération de l´épreuve de vérité. La vraie rupture sera de choisir entre une société dirigiste ou une société de confiance. Il faut que le pouvoir politique renonce à tout diriger. Il doit faire confiance à des acteurs aussi simples que les collectivités locales, les familles, les entreprises, les associations. Et je soutiens un homme politique dès lors qu´il accepte d´être modeste et qu´il prône une société de confiance où on dit aux gens qu´ils sont capables de réussir par eux-mêmes. » Gérard Longuet explique la percée d´Emmanuel Macron par « une usure du système, un étouffement. Il y a un phénomène de génération et dans une France qui doute d´elle-même, le fait d´être jeune et de n´avoir rien fait est un avantage, mais ce n´est pas une condition suffisante pour rassurer, surtout lorsque vous rassemblez tout et son contraire. » Tout en soulignant qu´il se sent plus près de Macron que de Marine Le Pen, Gérard Longuet dit que l´ancien ministre de l´Economie « fera du Hollande plus jeune, plus souriant, avec une dialectique plus fine, parfois dangereusement paradoxale, mais il ne s´attaque pas à l´essentiel qui est que le ratio entre actifs et non-actifs s´est dégradé en France et la dépense publique est une réponse de facilité. »
  • Jeudi 9 mars 2017

    Thierry Mandon

    Thierry Mandon
    Proche de Benoît Hamon, le Secrétaire d´Etat à l´Enseignement supérieur et à la Recherche, Thierry Mandon, est l´invité de « Face aux chrétiens » émission organisée par La Croix, KTO, RCF et Radio Notre Dame. Interrogé sur le bilan de François Hollande, Thierry Mandon estime que « on retiendra l´idée d´un quinquennat imprévu marqué par des événements qu´il n´était pas possible d´anticiper comme la crise grecque qui s´est avérée comme une crise de l´Europe et le terrorisme et les guerres liées aux intégrismes qui ont bousculé l´agenda des priorités. On retiendra deux mesures : un transfert massif d´argent en direction des entreprises financé par une augmentation des impôts des particuliers. On ne souhaitait pas le faire, ce fut un choix politique qui a un coût politique : la baisse de popularité du Président. Mais François Hollande a été un grand homme d´Etat qui a fait face à la réalité économique et à la situation internationale. » Thierry Mandon reconnait que la France devra sortir de cette forme de monarchie républicaine pour donner plus de place aux citoyens. « Face à la revendication de plus de participation de la société et au fait que les citoyens soient plus cultivés et ont plus de moyens de s´informer grâce au numérique, la structure actuelle du pouvoir en France est obsolète. Je crois qu´un président de la République qui prétend à lui tout seul régler tous les problèmes, être le super-commandant en chef du pays, est condamné au suicide politique. Le Président doit se concentrer sur l´activité internationale, sur trois ou quatre priorités nationales et laisser le gouvernement gouverner, et il faut une réforme institutionnelle pour cela. » Le Secrétaire d´Etat se dit opposé au cumul de mandats, y compris avec une activité professionnelle et il reconnait que le parti socialiste traverse une crise grave. « La vie politique sera organisée autour de deux pôles : une gauche de gouvernement et une droite de gouvernement. C´est intangible. Le parti socialiste a besoin d´une rénovation profonde de son contenu, de son fonctionnement et surtout de la façon de concevoir la démocratie. Le parti socialiste a été pensé, bâti à une moment où on croyait qu´il fallait des gens intelligents pour diriger une société qui elle-même avait besoin de déléguer à des gens brillants, l´organisation du pays. Ce temps est révolu. Il faut trouver des formes interactives entre des partis, des leaders et la société. La crise du parti socialiste renvoie à la crise de la représentation car les citoyens ne veulent plus déléguer les affaires publiques, ils veulent des formes plus partagées d´exercice du pouvoir. »
  • Jeudi 2 mars 2017

    Pierre Larrouturou

    Pierre Larrouturou
    Pierre Larrouturou, fondateur et porte-parole du parti Nouvelle Donne, l´un des « petits candidats » à la présidentielle, est l´invité de « Face aux chrétiens » émission organisée par La Croix, KTO, RCF et Radio Notre Dame. Interrogé sur la situation de François Fillon, Pierre Larrouturou estime que « c´est une étape supplémentaire dans l´effondrement, dans le pourrissement de notre vie politique. Plus que jamais on aurait besoin d´un projet solide. Plus que jamais les Français espèrent quelque chose de nouveau et à chaque fois c´est la même déception et on sent bien que cela peut finir pas s´effondrer et on peut connaître le chaos. On espérait un vrai débat de fond. Pour François Fillon il y a la présomption d´innocence, mais il se trouve qu´il avait fait des tonnes sur le Général de Gaulle qui n´avait jamais été mis en examen et que si lui était mis en examen il arrêterait immédiatement la campagne. La loi ne l´oblige pas à cesser, mais vu ce qu´il a dit, il devrait la renoncer. Mais le plus grave c´est la façon dont il attaque la justice. » Sur le vote à la présidentielle, Pierre Larrouturou craint qu´il y ait « un risque que les Français votent pour le moins pire. Au delà des questions économiques et sociales il y a une crise anthropologique, culturelle. Il y a une question d´identité : est-ce qu´on croit encore à la dignité de l´homme. On nous a appris à l´école que l´homme était un homo sapiens-sapiens et en fait on a l´impression qu´il n´est qu´un élément d´un rouage économique et du système de production. Il y a donc une vraie question anthropologique et les politiques, au lieu d´y répondre l´aggravent. » Pierre Larrouturou n´est pas optimiste. « Cela peut très très mal finir. La crise de 29 a fini dans la barbarie. En Europe on peut voir de notre vivant le chaos. Un vote Trump veut venir en Europe bientôt. Et entre la Chine et le Japon il y a une course au surarmement. Je ne crois pas à la révolution mais il faut que l´on dise aux citoyens : ne vous résignez pas, relevez la tête n´ayez pas peur. Que l´on soit de droite ou de gauche on voit tous qu´on peut aller à la catastrophe, alors prenons nos responsabilités, ne votons pas pour le moins pire. » Pour cela il estime qu´il faut que chacun de nous s´engage en politique. « Y compris chez les chrétiens, il faut mener une réflexion. Les chrétiens ont souvent peur de s´engager en politique, par peur de l´affrontement ou par modestie, mais ils ne doivent pas laisser les manettes à ceux qui ont échoué depuis 30 ans. »