Journée mondiale du migrant et du réfugié

 

Le 15 août 2017, le pape François signait sa lettre pour la 104e Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui a lieu le 14 janvier 2018. Une signature le jour de l’Assomption, commentait-il, parce que Marie «­a fait elle-même l’expérience de la dureté de l’exil­». C’est dire combien le sort des migrants lui importe­; c’est en appeler principalement à l’Évangile, dans un domaine qui polarise les politiques publiques en Europe. Ces paroles du pape, après de nombreux gestes, provoquent des réactions nombreuses et contradictoires, y compris parmi les catholiques, déjà très partagés sur ces questions compliquées. 

Une Journée Mondiale, pour quoi faire ?

Le site web de l'Eglise catholique en France explique : "Par cette journée, l’Eglise catholique veut rappeler, de par le monde, ses convictions et ses engagements pour que soient respectés et reconnus dansleurs droits et dignité les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile et tous les hommes et femmes de la migration. Les catholiques devront mettre à profit cette journée pour renouveler dans la foi leur confiance en Jésus-Christ, visage d’un Dieu Père de tous les hommes, de toutes langues, origines et cultures."

 

DERNIÈRES VIDÉOS

10/01/2018
Migrants : l'appel de la Conférence des évêques de France

 

Reportages & Documentaires

 

Le pape François et les migrants

      

Le message de la CEF

 
 
Reportages & Documentaires

Documentaire
Sur le rivage

En Grèce, dans les rues d'Athènes, le père Joyeux et des habitants du quartier, agissent au quotidien pour porter secours aux milliers de personnes qui débarquent chaque année clandestinement sur les rives de l´Europe, au terme d´un long et dangereux voyage, fuyant guerres, pauvreté et persécutions. Aux portes de l´Europe, ce documentaire nous plonge dans cette grande crise migratoire qui marque notre époque. Le film nous fait partager au jour le jour une aventure humaine et solidaire exemplaire, à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui ont tout laissé derrière eux et n´ont en cet instant besoin que d´une main tendue pour pouvoir continuer le chemin, et peut-être rêver d´une nouvelle vie possible et d´un nouvel espoir.

UNE COPRODUCTION GRAND ANGLE PRODUCTION/KTO 2017 - Réalisé par Thibault Ferié
Documentaire du 09/01/2018.

Magazine
Au coeur des périphéries

L'appel du pape François, lancé en 2015aux paroisses et communautés religieuses d'Europe à accueillir une famille de réfugiés, a suscité une mobilisation particulière des chrétiens et des réseaux d'accueil. Quelle est aujourd'hui la réalité du flux migratoire qui concerne l'Europe ? Qui sont ces migrants, et d'où viennent-ils ?

L'émission Hors les Murs invite à réfléchir à ce phénomène complexe, au-delà du sort des chrétiens d'Orient qui fuient la guerre et les persécutions. Au fil des reportages et des rencontres, des centres d'hébergement à l'accueil en famille, c'est aussi l'engagement croissant des chrétiens et de leurs réseaux auprès des migrants que l'on découvre.

Actualités du 14/12/2017
Le JRS remet son rapport sur l'intégration des réfugiés

Éclairage sur le rapport « Pour une stratégie d´intégration des réfugiés », présenté par le Service Jésuite des Réfugiés (JRS France) au député LREM Aurélien Taché.

Vies de famille
Migrants : l'épreuve des familles (2/2)

" N'est-ce pas le désir de chacun d'améliorer ses conditions de vie et d'obtenir un bien-être honnête et légitime, à partager avec les êtres qui lui sont chers ? ", demande le Pape François dans son message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés 2016. Ainsi, si certains migrants peuvent vivre avec leurs familles, de nombreux migrants ont dû tout quitter, y compris, femme, mari, enfants parfois, pour essayer de construire une vie meilleure. Quelle vie de famille possible ? Comment construire une vie de famille lorsque celle-ci est éclatée par la distance et la souffrance de la séparation ? Analyse et éclairage avec le père Lorenzo Principe, c.s., Directeur du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes.

Vies de famille
Migrants : l'épreuve des familles (1/2)

" Voici, je me tiens à la porte et je frappe " (Ap 3, 20), rappelle le Pape François dans son message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés 2016. Certaines familles ont choisi de répondre à cet appel à vivre l'Évangile en ouvrant concrètement les portes de leur maison. Pourtant, il n'est pas facile de se laisser déranger chez soi et de faire rentrer dans son intimité une personne dont la culture est différente. Pourquoi choisir d'accueillir un étranger chez soi ? Quelles questions se posent aux familles ? Analyse et éclairage avec Marcela Villalobos-Cid, Coordinatrice du Programme " Welcome en France " pour les Service jésuite des réfugiés (JRS).

 
Le pape François et les migrants

Audience générale du 26/10/2016
"Nous devons être attentifs et être prêts à agir"

Continuant sa catéchèse sur la miséricorde, le Pape François appuie sur le fait que "l'unique solution à la crise migratoire est la solidarité". Il s'est appuyé sur "J´étais un étranger et vous m´avez accueilli ; j´étais nu et vous m´avez habillé" (Mt 25,35-36). Le Souverain pontife achève sa catéchèse en demandant comment pouvons-nous redonner la dignité à celui qui l´a perdue. "Nous devons être attentifs et être prêts à agir", a-t-il expliqué, "dans la mesure où quand nous nous ouvrons à d'autres, la vie devient féconde (...) les gens retrouvent alors leur pleine dignité".

Visite pastorale
Le pape François visite un centre d'accueil en Italie

Visite pastorale du Pape François au diocèse de Bologne (Italie) le dimanche 1er octobre 2017.

Voyage du pape sur l'île de Lesbos en 2016
Le Pape François visite un camp de réfugiés sur l'île de Lesbos

Visite du Pape François du camp de réfugiés de Moria en compagnie des autres chefs religieux. Discours et signature d'une déclaration commune.

Message de la Conférence des évêques de France

Migrants : trouver une réponse commune

Au cours de la dernière année, le Pape François, qui a fait de la question migratoire un marqueur fort de son pontificat, s’est exprimé à de nombreuses reprises à ce sujet en développant une approche nouvelle articulée autour des verbes : « accueillir, protéger, promouvoir, intégrer ». A la veille de la journée mondiale du migrant et du réfugié, nous, évêques de France, souhaitons indiquer les actions qui, dans le contexte français et pour chacun des quatre verbes, nous paraissent être prioritaires. Parmi elles, certaines pourront nourrir un plaidoyer préalable aux négociations des pactes mondiaux de 2018.

Accueillir

« Qu’as-tu fait de ton frère ? » Les milliers de morts, parmi les déplacés contraints d’entreprendre des voyages périlleux pour atteindre l’Europe afin d’y demander la protection à laquelle ils aspirent, est un scandale auquel personne ne peut se résigner. Les personnes contraintes de fuir leur pays ont le droit de requérir une protection sans qu’il leur faille pour cela ajouter aux risques initiaux ceux d’un parcours incertain. Le leur permettre est pour notre société un impératif, tant légal que civilisationnel. A la suite du Pape François, nous pensons que les voies d’accès légales permettant aux personnes menacées de se rendre en France pour y demander l’asile doivent être élargies. Nous demandons ainsi à l’Etat de développer ces voies d’accès en France – notamment via l’octroi plus important de visas humanitaires et l’élargissement des programmes de réinstallation -, et de les promouvoir au niveau européen et international, notamment lors des négociations des pactes mondiaux de 2018.

A sa mesure, et avec d’autres, l’Eglise s’engage déjà sur ce chemin. En mars dernier, la conférence des évêques de France, en partenariat avec le Secours catholique, la Fédération protestante, la Fédération d’Entraide Protestante de France et la communauté de Sant’Egidio, signait avec l’Etat un protocole portant sur la mise en place de « couloirs humanitaires », permettant à 500 personnes parmi les plus vulnérables actuellement réfugiées au Liban, de venir en France pour y demander l’asile. S’il demeure modeste, ce programme n’en est pas moins précieux, notamment par son caractère modélisant.

Nous entendons la crainte sécuritaire que beaucoup expriment devant la situation migratoire actuelle ; nous en sommes convaincus, cette situation se révèle d’autant plus anxiogène que l’arrivée des personnes semble parfois trop peu organisée. Dans ce contexte, la mise en place de voies d’accès légales et sûres apparaît d’autant plus souhaitable qu’elle permet précisément d’organiser l’accueil et, ce faisant, de concilier la sécurité de nos concitoyens et celle de personnes en quête de protection.

Ne nous leurrons pas cependant : le développement de voies légales ne tarira pas l’arrivée spontanée d’exilés vers la France et plus largement vers l’Europe ! Les chemins qu’ils prennent et prendront seront encore dangereux et éprouvants, et leur besoin d’accueil et de protection nous obligeront, demain comme aujourd’hui. Dans ce contexte, l’existence de voies d’accès légales et sûres ne doit en aucun cas être utilisée comme prétexte pour renvoyer ces exilés vers les pays de transit qu’ils ont traversés. A cet égard les projets européens visant à donner corps à la notion de pays tiers sûrs nous préoccupent.

Il n’y a pas d’accueil véritable sans accompagnement du chemin d’intégration. A la suite du Pape François, nous pensons ainsi que les dispositifs publics d’accueil des réfugiés peuvent être complétés par le développement de programmes de parrainage par des collectifs citoyens. Par leur caractère diffus, de tels programmes offrent aux nouveaux arrivants la possibilité d’une réelle intégration sociale, laquelle fait souvent défaut dans les dispositifs d’accueil où les arrivants sont regroupés entre eux.

Outre le bénéfice pour les personnes accueillies elles-mêmes, ces programmes, partout où ils sont mis en oeuvre, génèrent du dynamisme et se révèlent créateurs de liens. Les chrétiens engagés au sein de collectifs d’accueil, avec leur paroisse, dans le cadre du projet des couloirs humanitaires, avec le service jésuite des réfugiés ou encore avec l’Ordre de Malte par exemple, en témoignent : des acteurs aux sensibilités éloignées collaborent, des territoires se dynamisent, des coeurs se convertissent, etc.

Nous saluons l’engagement de tous les citoyens, chrétiens ou non, qui s’investissent au sein de tels collectifs. Tout en rappelant à l’Etat ses obligations en matière d’accueil, nous demandons aux chrétiens d’accroître leur engagement en ce sens et, au-delà du soutien administratif, de l’enseignement du français ou encore de l’insertion professionnelle, nous les invitons à se positionner plus spécifiquement sur le créneau de la convivialité afin de donner corps à la valeur de la fraternité.

Protéger

L’élaboration et la mise en oeuvre d’un nouveau cadre législatif ne doivent en aucun cas conduire à aggraver le cas de nombreux migrants déjà présents sur notre territoire et se trouvant pour certains en situation de très grande vulnérabilité. Conformément à l’enseignement de l’Eglise, nous rappelons avec force que chaque personne, quel que soit son statut légal et le sort réservé in fine à sa présence dans notre pays, doit être traitée d’une manière qui, en toutes circonstances, respecte sa dignité. Parmi les personnes les plus vulnérables, nous tenons à exprimer ici une préoccupation particulière pour la situation des jeunes migrants, et plus spécifiquement pour celle des mineurs non accompagnés dont le nombre, dans notre pays, ne cesse de croître. De diocèses toujours plus nombreux nous parviennent des cris d’alarme quant à la situation de ces jeunes, laissés le plus souvent sans protection, et, pour certains, renvoyés à la frontière, au mépris de leurs droits les plus élémentaires.

La situation dans les territoires frontaliers apparait ainsi particulièrement préoccupante. Dans le Briançonnais mais aussi dans la vallée de la Roya dans les Alpes maritimes, le nombre de mineurs tentant d’entrer en France – parfois au prix de grands périls lorsqu’il leur faut traverser la montagne par leurs propres moyens - augmente de façon significative depuis maintenant deux ans. Parmi eux, trop sont interceptés et renvoyés en Italie, sans qu’il leur soit possible de faire respecter leurs droits. De nombreux citoyens, parmi lesquels des chrétiens, s’engagent individuellement ou collectivement pour aider ces jeunes à obtenir la protection à laquelle ils aspirent et à laquelle ils ont droit. Nous saluons cette mobilisation et l’encourageons. Comme toutes celles qui se mettent spontanément en place lorsque les plus fragiles sont menacés, celle-ci manifeste que nos concitoyens sont capables d’un sursaut lorsque le plus sacré est atteint. Cet exemple doit inciter l’Etat à assumer ses responsabilités.

Un mineur non accompagné est un mineur en danger ! Ceci est, en définitive, la seule considération à prendre en compte. Animés par cette conviction, nous rappelons aux responsables politiques que les situations de vulnérabilité des mineurs non accompagnés doivent être traitées en accord avec la convention internationale des Droits de l’Enfant et nous les invitons à agir pour que soit effectivement garantie à ces mineurs en danger la même protection que tout autre enfant privé de son milieu familial.

Enfin nous ne pouvons évoquer le cas des mineurs non accompagnés sans évoquer le moment crucial du passage à la majorité qui, dans les faits, constitue souvent pour ces jeunes une période de grande fragilisation. Pour éviter que tout ce qui a été construit soit alors remis en cause, nous pensons que des mesures légales visant à pérenniser leur droit au séjour et à favoriser leur intégration devraient être prononcées. Notre pays a le devoir d’accompagner, sur le long terme, la construction de leur futur.

Promouvoir

Le Pape François nous invite à promouvoir le développement humain intégral des migrants. Cet appel qui s’enracine dans la tradition de l’Eglise est fondé sur la conviction profonde que «tous peuvent apporter une contribution à l’ensemble de la société, tous ont une particularité qui peut servir pour vivre ensemble, personne n’est exclu en vue d’apporter quelque chose pour le bien de tous1 ». Cette contribution n’est pas seulement un droit mais aussi un devoir à l’égard de soi-même et de la société.

Nous en sommes convaincus, migrants ou non, l’exercice de ce droit et de ce devoir passe en premier lieu et de façon privilégiée par l’accès au travail. Outre qu’il permet à chacun de subvenir à ses besoins, le travail constitue en effet une dimension fondamentale de l’existence humaine, par laquelle la vie de l’homme est construite chaque jour et où elle puise sa propre dignité spécifique. Par le travail, l’homme se réalise en tant que personne et trouve sa place dans une véritable communauté humaine.

Dans les permanences d’accueil de nos diocèses, de nos associations, nous entendons le désir exprimé par beaucoup de personnes de contribuer à la vie de la société et la frustration, parfois la souffrance, que celles-ci ressentent lorsqu’elles ne peuvent le faire par leur travail. Ceci est particulièrement vrai de nombreux migrants, notamment ceux se trouvant en phase de demande d’asile auxquels la loi ne permet pas de travailler avant le dixième mois. Nous souhaitons ici nous en faire les porte-voix.

Certains trouvent dans nos mouvements ou nos associations des occasions d’engagement bénévole. Nous nous en réjouissons et saluons les structures qui rendent cela possible. De tels engagements contribuent en effet efficacement au développement des personnes, leur permettant de sortir du rôle de bénéficiaires auquel elles sont de fait trop souvent cantonnées pour (re)devenir contributrices. Ceci étant, une action résolue de l’Etat en faveur de l’insertion professionnelle demeure indispensable.

Nous demandons ainsi aux responsables politiques d’accorder aux personnes, ce dès les premiers mois de la phase de demande d’asile, la possibilité de travailler. De la même manière, l’accès aux études et à la formation professionnelle doit être effectivement ouvert aux personnes se trouvant en cours de procédure. Plus généralement, la reconnaissance des compétences des migrants doit être promue et, si cela s’avère nécessaire, des éléments de remise à niveau doivent pouvoir leur être proposés.

Nous en sommes conscients, l’absence d’une maîtrise suffisante de la langue constitue souvent un frein à l’intégration sociale et professionnelle. Nous demandons ainsi aux responsables politiques de reconstruire un dispositif global pour permettre un accès immédiat à l’apprentissage du français. Celui-ci devrait reposer sur des professionnels qualifiés, dans le cadre d’un dispositif public financé, associant les acteurs volontaires de la société civile. Nous encourageons les chrétiens à s’engager en ce sens.

Enfin, comment devenir membre actif d’une société, capable d’y apporter sa contribution, si ses valeurs, son patrimoine, ses codes nous demeurent étrangers ? Aujourd’hui, de nombreux chrétiens s’engagent concrètement pour permettre aux nouveaux arrivants d’accéder à une meilleure compréhension de notre société. Nous saluons ces initiatives et, convaincus qu’il y a là une vraie façon d’ouvrir notre porte à nos frères et soeurs migrants, nous encourageons leur développement.

Intégrer

L’intégration est un processus long et complexe qui ne peut se réaliser pleinement que dans un climat positif à l’égard des migrants et de ceux qui les y accompagnent. Aussi, et sans minimiser les difficultés, nous semble-t-il essentiel de promouvoir une présentation positive des migrants et de la solidarité à leur égard. A la suite du Pape, qui nous invite à regarder les uns et les autres avec un regard remplis de confiance, nous invitons tous nos concitoyens et en particulier les chrétiens à convertir leur regard.

La présentation positive des migrants passe par la mise en valeur des éléments de leur patrimoine culturel et spirituel susceptible d’enrichir la communauté nationale ainsi que par la mise en lumière de leur désir de contribuer concrètement à la vie de la société toute entière. Elle passe aussi, et peut être en premier lieu, par un discours honnête sur les motivations qui ont poussé ces personnes à rejoindre notre pays, motivations que l’on réduit trop souvent de manière orientée au seul critère économique.

En mettant en lumière ces motivations, on réalisera que beaucoup ont été guidés sur le chemin de l’exil par l’espoir de trouver la paix, le désir de déployer pleinement leur humanité, d’exprimer leurs talents, de vivre librement leur foi, etc. Dans ces motivations, chacun pourra reconnaître les aspirations d’hommes et de femmes de bonne volonté. Ceux disposés à le voir sauront aussi y déceler, en creux, une bénédiction sur un pays aux nombreux atouts mais trop souvent enclin à douter de lui-même.

Cette bénédiction, nous, chrétiens, l’expérimentons concrètement dans nos communautés paroissiales, lesquelles, pour beaucoup, trouvent dans la présence des migrants un nouveau souffle. Nous encourageons les chrétiens à témoigner de cette richesse et à s’engager pour la promotion d’une authentique culture de la rencontre, notamment par l’organisation de rencontres entre migrants et autochtones, à l’occasion desquelles les uns et les autres pourront échanger en vérité et dans la paix.

Parallèlement à cette présentation positive des migrants, il nous semble essentiel de promouvoir une présentation positive de ceux qui, à leur égard, font preuve de solidarité. Trop souvent en effet, ces derniers se retrouvent, au nom même de leur engagement, objets d’hostilité. A cet égard, nous sommes vivement préoccupés par les poursuites pénales dont certains font l’objet, et nous invitons les responsables politiques à tout mettre en oeuvre pour faire cesser cette pénalisation de la solidarité.

Pour présenter de façon positive la solidarité à l’égard des migrants, encore faut-il savoir se rendre attentifs à « la créativité, la ténacité et l’esprit de sacrifice d’innombrables personnes, familles et communautés qui ouvrent leur porte et leur coeur à des migrants et à des réfugiés, même là où les ressources sont loin d’être abondantes3». Or, notre regard ne se focalise-t-il pas, trop souvent encore, sur les manques, oubliant de voir les fruits d’humanité qui, autour de nous, croissent et se déploient ?

Nous invitons ici les chrétiens à cultiver une attention particulière aux actions positives mises en oeuvre en faveur des migrants et à s’efforcer de les faire connaître autour d’eux afin de devenir, au sein de notre société, les promoteurs de ce regard de confiance. Qu’ils en soient convaincus, ils permettront ainsi au bien de fructifier et, en évitant, par une focalisation excessive, d’enfermer les plus réticents dans leur repli, ils contribueront à l’avènement d’une société réellement plus inclusive et fraternelle. Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer : comme le souligne le Pape François, « conjuguer ces quatre verbes à la première personne du singulier et à la première personne du pluriel constitue un devoir de justice, de civilisation et de solidarité4 ». Nous lançons ici un appel solennel aux chrétiens et à tous les hommes et les femmes de bonne volonté pour qu’au sein de leur paroisse, d’un collectif, d’un mouvement ou d’une association, ceux qui le peuvent, s’engagent sur l’une ou l’autre de ces priorités.

Mgr Georges Pontier
Archevêque de Marseille et Président de la CEF

Mgr Georges Colomb
Évêque de La Rochelle et Saintes,
membre de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l’Église au titre de la pastorale des migrants

Mgr Denis Jachiet
Évêque auxiliaire de Paris,
membre de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l’Église au titre de la pastorale des migrants