Canonisation de Paul VI, Mgr Romero, Nunzio Sulpicio et 4 autres bienheureux

 

Élu pape pour succéder à Jean XXIII, qui venait d’ouvrir le concile Vatican II, Paul VI donna au Concile et à toute l’Église une impulsion nouvelle. Qui était Paul VI, qui sera canonisé le 14 octobre prochain ?

Naissance dans la grande bourgeoisie italienne

Giovanni Battista Montini est le 262e pape de l’Église catholique romaine. Il règne sous le nom de Paul VI du 21 juin 1963 au 6 août 1978. Né à Concensio, près de Brescia le 26 septembre 1897, il fait partie de la grande bourgeoisie italienne. Après de brillantes études en dépit d’une santé fragile, il est ordonné prêtre en 1920, date à laquelle il rejoint Rome pour étudier à la Grégorienne et à la Sapienza.

Début auprès des jeunes

Dès 1921, ce bourreau de travail fait ses premiers pas au Vatican où il mène une carrière ecclésiastique brillante et rapide. Montini se lie d’amitié avec les grandes personnalités intellectuelles du temps : Jean Guitton, Maurice Zundel, Jacques Maritain… Entre les deux guerres, l’aumônier national des étudiants affiche des positions résolument anti-fascistes. 

Le pape du Concile Vatican II

A la mort de Pie XII, Jean XXIII est élu pape. Il crée aussitôt Montini cardinal et ouvre le Concile Vatican II. A la mort du souverain pontife, il est élu pape à son tour le 21 juin 1963 sous le nom de Paul. Esprit structuré, le nouveau pape encadre aussitôt les débats et leur donne une impulsion nouvelle sous sa direction scrupuleuse. Il définit les quatre priorités du Concile qu’il mettra tout son pontificat à mettre en œuvre : Redéfinir le lien entre le pape et les évêques et notamment la place de la collégialité dans la conduite de l’Église, favoriser l’unité des chrétiens par l’échange et le pardon, enfin relancer le dialogue avec le monde contemporain. Pour assurer la continuité des débats il s’appuie sur le Synode des Évêques, un organe consultatif qu’il a créé en 1965. C’est lui qui mènera le Concile à son terme.

L’ouverture au monde

Pendant et après le Concile, Paul VI multiplie des voyages à grande portée symbolique et pastorale. Il se rend en pèlerinage à Jérusalem où il rencontre de nombreuses personnalités dont le patriarche de Constantinople Athénagoras qu’il verra à plusieurs reprises. Il levera les anathèmes et les condamnations entre Rome et Constantinople résultant du schisme de 1054 (1967). Aux États-Unis, il prononce à l’ONU son fameux « plus jamais la guerre » (1965). En Amérique latine, il exhorte l’Église à prendre position en faveur des plus pauvres. Il appelle aussi les Africains « à être [leurs] propre missionnaires ». Son encyclique Populorum progressio (1967) encourage la coopération internationale en faveur du développement.

Dans le domaine interreligieux, Paul VI noue des contacts avec des responsables d’autres religions comme le chef du bouddhisme tibétain en exil le Dalaï-Lama.

La fermeté dogmatique

Dans deux domaines, il préserve l'héritage de la tradition : celui du célibat des prêtres, et la problématique de la régulation des naissances, avec l’encyclique Humanae vitae (1968), condamnant les méthodes artificielles de contraception et plus généralement la dissociation entre sexualité et fécondité. Il se montre également ferme avec ceux qui, sous prétexte de remettre en cause la nouvelle liturgie, nourrissent une franche hostilité à l’égard de du Concile dont ils remettent en question l’œcuménisme, la liberté religieuse et la collégialité. 

L’appel à l’évangélisation

Soucieux d’une évangélisation qui puisse « faire arriver à l’homme moderne le message chrétien dans lequel il peut trouver la réponse à ses interrogations » il rédige l’exhortation apostolique « Evangelii Nuntiandi »(1975) qui annonce déjà le style propre de Jean-Paul II. En 1969 il s’était déjà rendu au Conseil œcuménique des Églises, en Suisse où il avait lancé un appel à l’unité. Il s’éteint à l’âge de 80 ans, le 6 août 1978.

Un témoin de sa foi

Le pape Paul VI aura laissé l’image d’un prélat froid et distant mais dont les amis intimes comme l’académicien Jean Guitton, auront senti « le feu intérieur » qui l’animait. Par rapport à ses proches successeurs, ce pape aura relativement peu écrit laissant avant tout un témoignage de foi. « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres. Ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » avait-il affirmé peu de temps avant sa mort.

A suivre sur KTo :

Dimanche 14 octobre 2018

10h15 - Messe de canonisation DIRECT

A Rome, le pape François célèbre la messe de canonisation des bienheureux Paul VI, Mgr Romero, Nunzio Sulprizio, Fransesco Spinelli, Vincent Roman, Soeur Maria Katharina Kasper et soeur Nazaire de Sainte-Thérèse-de-Jésus. 

Lundi 15 octobre 2018

20h40 - Paul VI, un pape dans la
tourmente (1ère partie)  FILM

Un film de : Fabrizio Costa.
Avec Fabrizio Gifuni, Mauro Marino, Antonio Catania.

 

 

A REVOIR

 

La Foi prise au Mot
Paul VI

 

Documentaire
Monseñor, le dernier voyage d'Óscar Romero

 

Evénement - 2014
Messe de béatification de Paul VI

 

Interview -2015
Entretien avec Mgr Paglia : Mgr Oscar Romero, le défenseur des pauvres